Il y a, dans les regards des parents, une inquiétude silencieuse… celle qui naît le jour où ils réalisent que leur enfant ne veut plus apprendre. L’enfant était pourtant curieux. Il posait « mille » questions par jour et s’émerveillait devant une fourmi, un oiseau ou une image. Puis tout à coup, c’est le changement, progressif ou brutal : l’enfant est devenu indifférent. Il soupire, traîne des pieds, esquive les devoirs, s’agace au moindre exercice…
Les parents, surpris et désemparés, ne comprennent pas et s’interrogent :
« Que s’est-il passé ? Où sont passées cette étincelle, cette curiosité naturelle ? Et comment un enfant peut-il avancer s’il ne veut plus apprendre ? »
Avant d’y voir un signe d’échec, il faut comprendre ce que cette perte de l’envie d’apprendre raconte réellement.
Quand un enfant n’aime plus apprendre, il faut examiner l’apprentissage.

Contrairement à ce que l’on croit, les enfants ne rejettent pas spontanément le savoir. Ce qu’ils rejettent, c’est la façon dont il leur est présenté ou les émotions qui s’y rattachent.
Un enfant n’arrête pas soudainement d’aimer apprendre. Il refuse, plus ou moins consciemment ou sans pouvoir le formuler précisément, de s’embarquer dans une activité qui le met en échec, qui le stresse, le dépasse ou le fait se sentir « pas assez bien ».
Son indifférence est une protection. Ses soupirs et sa lassitude sont un appel. Sa résistance est un message.
Bien trop souvent, la baisse du désir de connaître et comprendre apparaît lorsque :
- Les notions ne sont plus comprises en profondeur ;
- Les exercices semblent déconnectés du réel ;
- L’enfant a accumulé un sentiment d’incompétence ;
- La pression du résultat pèse plus que la joie de progresser ;
- La méthode employée ne correspond pas à son mode d’apprentissage ;
- Personne ne lui a montré comment apprendre.
Apprendre sans méthode, c’est comme demander à un enfant de grimper une montagne sans lui donner des chaussures : il finira, tôt ou tard, par refuser d’avancer.
Les parents s’inquiètent : « Comment va-t-il réussir s’il ne veut plus apprendre ? »

Cette question est légitime. Elle touche au cœur du rôle parental : accompagner un être en croissance vers son autonomie et sa réussite. Quelque chose d’essentiel se dérobe quand un enfant perd cette envie : la capacité à se projeter, à découvrir, à devenir.
Néanmoins, que chacun se rassure, l’espoir existe ; et il faut l’énoncer clairement : la perte d’envie n’est pas une fatalité. C’est uniquement un symptôme. Et un symptôme peut être compris, puis apaisé.
L’envie revient dès qu’on redonne du sens, du souffle et de la réussite.
L’enfant récupère son envie et sa volonté d’apprendre quand :
- Il comprend pourquoi il fait quelque chose ;
- Il retrouve des réussites accessibles, même petites ;
- Il se sent en sécurité émotionnelle ;
- Sa progression devient visible ;
- Il peut poser ses questions, sans jugement ;
- L’apprentissage redevient une aventure plutôt qu’un combat.
L’étincelle revient lorsque l’enfant sent concrètement qu’il peut réussir. Elle s’éteint seulement quand on lui répète de « faire un effort ». Car l’effort n’est jamais un moteur quand on n’en connaît pas le sens.
L’envie d’apprendre n’est jamais vraiment perdue !

Elle dort, parfois profondément. Elle se cache. Elle se protège. Mais elle ne disparaît pas.
Tout enfant porte en lui une curiosité intacte, un désir de comprendre le monde, une envie d’avancer. Il suffit :
- D’une méthode claire ;
- D’une manière nouvelle d’aborder les notions ;
- D’un espace où l’on ose à nouveau poser des questions ;
- D’une approche où l’on valorise la compréhension plutôt que la performance.
Alors, doucement, quelque chose se rallume. Et les parents découvrent que l’étincelle n’était pas éteinte. Elle attendait simplement que quelqu’un souffle dessus avec bienveillance, patience… et une méthode qui redonne confiance.
Anick Rekettyei

