Pour beaucoup de parents, cette scène est douloureusement familière :

L’enfant ouvre son livre.
Il regarde la première ligne.
Puis il commence.
« L… e… s… »
Il assemble les lettres une à une, souvent avec peine.
Le mot apparaît enfin… Il n’est pas toujours compris ; mais déjà surgit le suivant. Et tout recommence. Ainsi, mot après mot, un enchaînement sans but endort ou énerve votre enfant.
La phrase se termine, mais elle n’a pas vraiment été comprise. Le regard revient parfois en arrière mais le sens s’échappe.

Le parent observe en silence ou retient son exaspération, cachant sa propre souffrance.
Il voit son enfant déchiffrer laborieusement le texte, buter sur chaque mot et perdre le fil de l’histoire. Il voit aussi autre chose, plus discret mais plus déchirant : la fatigue, la frustration et la honte refoulée. L’enfant referme alors le livre et murmure souvent une phrase qui serre le cœur : « Je suis nul en lecture. »
1 élève sur 5 a des difficultés de lecture

À ce moment précis, beaucoup de parents ressentent une inquiétude profonde, car lire n’est pas seulement une matière scolaire. C’est la clé de presque tout le reste. Quand la lecture est lente et pénible, tout devient difficile : comprendre les consignes, suivre un cours, apprendre une leçon, écrire un texte, sans oublier la vie sociale future.
Selon des enquêtes internationales, environ un élève sur cinq dans les pays développés présente des difficultés importantes de compréhension de l’écrit. En France, plusieurs études montrent qu’une part importante des élèves arrive au collège avec une lecture encore fragile ou hésitante. Votre enfant n’est donc pas un cas isolé.

Néanmoins pour lui, l’expérience est souvent très intime et aux lourdes conséquences. Il voit ses camarades lire rapidement. Il les voit comprendre plus vite. Alors une idée dangereuse s’installe dans son esprit :
« Les autres sont intelligents. Moi, non. »
Or la réalité est tout autre.
Dans l’immense majorité des cas, le problème n’est pas l’intelligence. Le problème est la mécanique de la lecture et il est lié principalement à une mauvaise méthode d’apprentissage.
En quoi consiste la lecture

Lire n’est pas un acte simple. C’est une compétence complexe qui combine plusieurs éléments :
- Reconnaître rapidement les mots ;
- Regrouper les syllabes ;
- Garder la phrase en mémoire ;
- Comprendre le sens global.
Lorsque ces mécanismes ne sont pas automatisés, l’enfant dépense toute son énergie à déchiffrer. Il ne lui reste plus assez d’attention pour comprendre. Comme quelqu’un qui devrait réfléchir à chaque coup de pédale en apprenant à faire du vélo : il n’a plus la liberté de regarder la route et il ne ressent plus de plaisir.
Comment entraîner un enfant à la lecture

La bonne nouvelle est que cela se répare.
Avec une méthode progressive et structurée, on peut réentraîner la lecture comme on entraîne un muscle.
En travaillant sur :
- La reconnaissance rapide des syllabes ;
- La fluidité de lecture ;
- La compréhension phrase par phrase ;
- Le vocabulaire et le sens.

L’enfant expérimente peu à peu un phénomène nouveau : la lecture devient plus fluide. Un changement étonnant se produit.
Ce qui demandait dix minutes en demande trois.
Ce qui semblait incompréhensible devient clair.
L’enfant commence à suivre une histoire… puis à y prendre goût.
Avec cette progression, la confiance renaît.
Rappelez-vous toujours : les enfants ne détestent pas apprendre. Ils détestent se sentir perdus.
Quand on leur redonne les outils pour lire et comprendre – et c’est l’objectif de notre association « Pour apprendre » – quelque chose se rallume en eux.
Un exercice pratique

Utilisez déjà cette petite astuce au quotidien : faites lire votre enfant à voix haute. À la première hésitation, définissez avec lui le mot sur lequel il a buté, avec simplicité et intérêt. Faites-lui relire la phrase. Et procédez ainsi à chaque hésitation, jusqu’à la fin du texte ou paragraphe sélectionné. Il va rapidement voir qu’il lit mieux et qu’il en tire du plaisir quand il éclaircit tous les mots sur lesquels il a un doute ou qu’il ne comprend pas.
Notre association peut vous apporter beaucoup plus que cette simple astuce et vous aider à résoudre en profondeur tout le problème.
Après un programme complet, néanmoins rapide, un jour, sans même s’en rendre compte, l’enfant tourne une page et dit simplement avec bonheur :
« Attends… je continue. »
Et pour un parent, ce moment-là vaut toutes les victoires scolaires du monde.
Anick Rekettyei

